Liberté sexuelle ou pulsion de vie ?

heart-1745300_1920.jpgJ’ai toujours pensé faire preuve de liberté sexuelle. Je n’ai pas de tabous. Et j’enchaînais aussi plus ou moins les relations de quelques heures.

Je me suis toujours présentée comme une personne indépendante, libre.

Bien sûr, une partie de mon comportement m’interpellait. Pourquoi je me brade ? Pourquoi j’allais même jusqu’à me comporter comme une prostituée qui ne peut choisir ses clients et qui est victime de mauvais comportements ? Et pourquoi malgré cela soit je retournais vers cet amant irrespectueux ou en choisissais un autre pas vraiment mieux ?

Je savais qu’à chaque fois c’était pour le désir qui s’éveillait en moi, les sensations que je ressentais. Je me sentais vivante. J’avais enfin une consistance physique.

Même si les orgasmes que je me donne sont bien meilleurs, j’ai un besoin viscéral de sentir l’autre. De cette sensation d’exister.

Et elle est là l’explication de ma dépendance au sexe au point d’accepter des comportements de viol-ence.

Cela m’a vraiment interpellé après mes dernières « relations » suite à mon inscription sur meetic. Il y a eu comme une sorte de déclic, un bouleversement dans ma façon d’appréhender ces dernières situations.

J’ai alors cherché à comprendre.

Lundi, lors de ma soirée poterie, j’ai échangé avec notre formatrice qui est aussi art-thérapeute. Elle m’a alors proposé de faire un dessin d’une situation où je me mets en scène avec un homme. Voici ce que j’ai dessiné :

20181105_221037.jpg

Pour Nadia, ce qui l’a marqué, est vraiment l’absence d’ancrage. Les personnages n’ont pas de consistance, il n’y a aucun environnement. Ils n’ont pas de pieds non plus mais des jambes allongés donc avec malgré tout une volonté de s’ancrer. De plus, j’ai choisi l’orange pour me représenter ce qui est la couleur du chakra de vie. L’homme est de couleur de la terre. Il ne manquait que la couleur violette, celle du mysticisme, pour avoir une lien complet. Concernant la situation de soumission ici représentante de violence (l’homme a l’air vraiment en colère sur son visage et son torse est bombé) et qui peut se rapprocher d’un viol, Nadia a pensé à ma naissance. Viol-ence. Ma naissance est marquée par la dépossession de mon corps et par là-même de ma volonté (voir article à venir sur ma naissance). Et à travers mes nombreuses relations éphémères, je perpétue cette dépossession. Cela a été un échange des plus instructifs. Nadia m’a conseillé pour m’ancrer de faire de la méditation, de la visualisation, de marcher en forêt et de marcher pieds nus dans la nature pour me reconnecter à la terre.

Le mercredi, j’ai ma séance de thérapie. Elle y voit la violence. Et cette dépossession de mon corps comme si je ne l’incarnais pas. L’absence de visage de la femme en est l’illustration parfaite. Cela a vraiment fait écho à une séance avec ma première thérapeute qui trouvait que lorsque je parlais de mes relations sexuelles je parlais comme une victime de viol. Cette remarque m’avait profondément marquée et déstabilisée. Ma nouvelle thérapeute a confirmé cette impression. Elle me trouve désincarnée lorsque je parle de mes relations. Et en échangeant, nous arrivons à la conclusion que je ne m’incarne qu’à travers le sexe. Avec l’orgasme, le poids de mon partenaire, je prends conscience de mon corps. D’où le fait d’accepter la violence ou les comportements irrespectueux.

Je me sens perdue. Je me rends compte que ma liberté sexuelle n’est peut-être qu’une illusion. Elle serait plutôt une dépendance pour prendre conscience de mon enveloppe terrestre.

Je dois donc prendre conscience de mon corps. J’en ai conscience aujourd’hui. Pour cela, plusieurs pratiques sont à mettre en place :

  • être massée soit par moi-même, soit par un tiers,
  • marcher dans la nature,
  • prendre conscience de mon corps et le respecter à l’aide d’un partenaire respectueux et à l’écoute. Pour cela, il doit toucher (attention, pas me caresser, mais plutôt me malaxer) la totalité de mon corps. Dans un second temps, il faut qu’il me pénètre millimètre par millimètre, pour être vraiment en conscience des sensations. Enfin, je dois essayer de retenir l’orgasme. Là aussi pour prendre conscience de mon corps, de cette enveloppe terrestre.

Entre cette prise de conscience, mes sentiments qui ne sont plus censurés (lire l’article Accueillir nos émotions), je suis perdue. Je sens bien que c’est un bouleversement très important qui va remodeler mon rapport aux hommes, à la sexualité et surtout à moi-même.

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