L’impression de schizophrénie

schizophrenic-2934770_1920.jpgMa sensation de tristesse ne me quitte pas. Elle est fortement liée à mon impression d’être complètement perdue. Le bouleversement qui s’opère m’ébranle vraiment profondément et me déstabilise.

Mes pensées négatives en profitent pour prendre plus d’importance qu’elles n’en ont. J’ai l’impression de stagner : toujours un petit job, toujours cet ennui, toujours en location, toujours des problèmes financiers, toujours seule.

Bien sûr, lorsque j’arrive à prendre du recul et à être plus objective, le constat est bien moins sombre. Je m’accomplie de plus en plus, je tends vers plus de bienveillance envers moi, je respecte mes besoins, j’écoute mes intuitions, j’accomplis petit à petit mon chemin de vie, je suis entourée de personnes merveilleuses, je suis heureuse.

Mais cette sensation de tristesse m’entoure. Et pourtant, je souris, je suis avenante, je reste positive. Je ne peux avoir une voix déprimante au téléphone. Les gens ne nous écouteraient pas et puis ça n’aurait pas de sens. De même, lors de mes pauses avec mes collègues, je ne peux me montrer tel que je suis. Non par honte mais cela créerait de l’incompréhension et puis je ne suis pas sûre que ce soit le bon lieu ou vraiment pertinent.

Cela ne m’empêche pas en fonction des discussions de glisser ou d’évoquer certaines de mes problématiques.

Parfois cela me soulage et me permet simplement d’échanger.

Je me rends compte à travers ma situation qu’on doit finalement être assez nombreux à être schizophrène et à avoir une façade au travail, parfois avec la famille ou les amis. Et alors ne pas exprimer réellement, sans fard, ce qui se passe au fond de nous.

Cela m’interroge : comment rester nous-même et pour autant interagir avec l’autre ?

12 réflexions sur “L’impression de schizophrénie

  1. etoile31 dit :

    Il est évident que nous sommes légions à été péripéties de différences, certaines sont parfois pathologiques oui, sans aller jusqu’à la maladie installée et chronique, mais les dyslexies, hypersensibilités, précocités sont très répandues et rarement détectées et objets parfois de peurs et de hontes, de gènes, de limites et de troubles,
    Il est intéressant que vous exprimiez cela en le partageant. Car à ne pas être éduqué à propos de ces différences est un des drames de nos sociétés schizophréniques pour le coup…

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    • etoile31 dit :

      La principale difficulté qui rejoint un sentiment et des impressions largement répandus est de s’adapter à un monde et une société qui semblent ne pas être fait pour nous et pour notre innocence première, à savoir une quintessence de désirs, d’aspirations et de sensibilités incompatibles avec le Monde social des enfermements et des obligations…

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      • mesmoisenemois dit :

        Actuellement je travaille sur la notion de cadre. Dès qu’un cadre apparaît, je fais tout soit pour le détruire soit pour le contourner. Mais je me rends compte que l’infini, la liberté, soi, s’expriment grâce à la présence de ce cadre. Que l’on peut aussi appeler « monde social avec ses enfermements et ses obligations ». A nous d’en faire un cadre non privatif mais espace de liberté 😊

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