« Parler est un besoin, entendre est un art », Goethe ; ou la différence entre la théorie et la pratique

On s’imagine toujours être d’une bonne écoute. Que ce soit pour les moments où l’autre se confie ou les petites discussions par-ci par-là. Mais ce n’est pas si simple.

Combien de fois arrivons-nous à mettre notre égo de côté ? Et simplement être une oreille. Sans jugement, sans attente, sans se mettre à la place de…

Il m’a fallu du temps. J’ai toujours été une oreille. Les personnes me parlent naturellement, sans même que j’aille les chercher. Mais avant j’avais tendance à me mettre à leur place, à les guider (mais sans vraiment leur laisser le choix… sans qu’ils s’en rendent compte. Je me disais « c’est pour leur bien »). Et parfois, je l’avoue, je jugeais. Il m’a fallu du temps pour prendre du recul, et être simplement un réceptacle des paroles de l’autre mais sans les emprisonner non plus.

C’est difficile de simplement écouter. Juste être là parce que l’autre en a besoin.

Comme je l’ai exprimé dans mon précédent article, une relation amoureuse se profile dans ma vie. Cet homme pense être très à l’écoute, très présent, là pour moi, un vrai gentleman, voire même un vrai prince charmant. Et j’avoue que cela m’a charmé. Mais voilà, en pratique, pas du tout. Rien de ce que j’ai pu exprimer depuis le début de nos échanges n’a eu de poids. Je suis sa première relation sérieuse. Et il a comme créé une liste de « choses » à faire/à être pour être parfait : m’emmener au restaurant, m’emmener en week-end romantique, m’offrir des fleurs, m’offrir des cadeaux… Mais voilà, au lieu d’avoir un côté rassurant, cette liste l’emprisonne (en plus de ses peurs) et moi m’étouffe. J’ai dès le départ été honnête avec lui : je suis très indépendante, ma vie solitaire me convient. J’ai besoin de temps et de patience. Mais lui est excessif en tout, comme si tout doit être fait très rapidement. Ce qui prouverait ainsi que notre relation est réelle et a une base solide. Or pour moi c’est l’immatériel qui m’importe et surtout l’écoute, la communication (je ne suis pas gémeaux pour rien). Et pour en rajouter, le covid l’a réellement et énormément perturbé. La semaine qui a précédé le dernier week-end où nous nous sommes vus, j’étais chez mes parents donc hors de mon cocon. Je suis rentrée le jeudi soir, claquée. Le vendredi soir il était prévu qu’on se voit pour le week-end. Le vendredi, au travail, a en plus été une journée de travail intense. Toute la journée je lui ai parlé de ma fatigue, de mon envie d’un week-end tranquillou. D’autant plus que c’est quelque chose que je ne connais pas et dont j’ai réellement envie. Mais voilà, les restaurants sont à nouveau ouverts. Et malgré tout ce que j’ai dit, il est arrivé le soir en insistant pour que nous sortions au restaurant (qu’il avait en plus réservé dans l’après-midi malgré tout ce que je lui disais depuis le milieu de semaine et le jour même). J’ai dû plus qu’insister pour que finalement il entende mon non. De même, le samedi était un peu tendu (je travaillais le samedi matin, pour le troisième samedi consécutif. J’étais claquée et pas très agréable ni très patiente). Mais lui avait une obsession : m’offrir une paire de boucles d’oreilles qu’il avait acheté pour moi. Et même si le moment était vraiment mal choisi, il l’a offert parce qu’il l’avait décidé. Et, coup de grâce, pour le dimanche après-midi, il avait pris des places pour aller à l’aquarium de La Rochelle, soit à plus de 3h de chez moi pour 1h30 de visite…

On pourrait dire un « ensemble de maladresses » mais qui a mis à jour une réelle problématique : il est plus obsédé par sa théorie du prince charmant qu’à écouter vraiment mes envies et mes besoins.

Et j’en ai été particulièrement blessée car cela faisait longtemps (en dehors de mes amies) que je ne m’étais pas présentée sans artifice, avec honnêteté, dans mes forces mais également dans toute ma vulnérabilité. Et c’est quelque chose de très nouveau pour moi. Cela me déstabilise, me demande un vrai lâcher-prise, une confiance en l’autre. Et de m’être ouverte à lui pour finalement n’être pas entendue et bien je me sens comme trahie.

A ce jour, je ne sais pas quoi faire. Cela questionne mon lâcher-prise, la notion de pardon, la main tendue. Je me sens perdue et encore plus vulnérable. Et cela me met en situation inconfortable. Et je me rends compte que lorsque c’est le cas je peux devenir rugueuse pour l’autre et ma patience mise à mal. La question est de savoir si je vais m’accrocher, continuer à apprendre sur moi, sur ma relation à l’autre dans une relation amoureuse et ainsi lui laisser le temps d’apprendre lui aussi de son côté. Ou si je vais simplement reprendre le cours de ma vie en ayant appris de cette expérience. Et aujourd’hui je n’ai pas la réponse à cette question.

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