La sophrologie, partie intégrante de ma vie, ou comment parfois j’ai l’impression de vivre dans un flipper géant

Je suis une rêveuse, je suis une contemplative. J’adore juste regarder ce qui m’entoure et perdre totalement la notion du temps. J’ai toujours pensé que c’était un vrai luxe, une vraie chance d’avoir très régulièrement la possibilité de mettre le monde sur stop pour simplement le contempler. Avec la sophrologie, j’ai découvert que certes je contemplais, mais que je n’étais finalement pas très présente à cette contemplation. Je ne m’investissais pas complètement, je survolais ce que je regardais. Soit parce que cela me permettait d’être dans mes pensées, soit cela m’offrait l’opportunité d’être tout simplement ailleurs. Et puis à partir du moment où la sophrologie a fait partie intégrante de ma vie, ma manière d’être au monde en a été bouleversée.

Tout d’abord, je réalise que cette meilleure connexion entre mon corps et ma conscience m’amène à être bien plus consciente de mon environnement. Je ressens, je vois, plus intensément la lumière, les couleurs, les bruits et les odeurs environnants, les personnes également. Tout est plus vif, plus bruyant, plus là. Je me sens extrêmement stimulée. Ce que j’ai écrit dans une récente phéno-description en est une belle illustration : [à cause du mauvais temps et des conditions sanitaires actuelles, au lieu d’une marche du nouveau regard, Carole a proposé de rester assise, les yeux fermés, et d’écouter des sons de la nature] « Magique, des arbres, une explosion de couleurs (vert, jaune, rouge, bleu, lumière, noir,…). J’entendais et voyais plein d’oiseaux, je les voyais chanter . Tout était très joyeux. Je me suis extasiée aussi devant différentes fougères. C’est fou toutes ces sortes de fougères. Tout un monde coloré, très intense s’offrait à moi. Je me sentais me déplacer entre les arbres, la lumière jouait sur mon visage, jouait à cache-cache avec les feuilles des arbres. » Et tout cela, je le vis aussi chaque jour. Lorsque je m’arrête et contemple, je découvre à quel point le monde est un trésor. Je n’ai pas besoin de me perdre au Golden Gate Park de San Fransisco, de m’extasier devant les Chutes du Niagara ou d’explorer la Cité Interdite en Chine. Ce qui m’entoure m’enrichit déjà tellement. En face de mon balcon, les arbres, et toutes leurs nuances de vert, où se baladent des écureuils, les quartiers que je découvre pendant mes déplacements en bus, ou simplement le ciel (avec ses teintes de rose, de jaune, d’orange, de bleu, de gris, les différentes formes de nuages, etc) que je vois à travers ma porte fenêtre. Et c’est comme si je sentais à quel point tout cela me nourrit à chaque fois que je pose le regard dessus. Comme lorsque nous pratiquons la marche du nouveau regard en RDC4. Ce nouveau regard j’ai l’impression de l’avoir fait mien et qu’au moment où j’ouvre les yeux, tout est à chaque fois nouveau, intense. Comme un enfant qui découvre presque sans cesse le monde qui l’entoure. Il en est de même avec les personnes que je croise. Ce peut être de parfaits inconnus, mes collègues de travail ou mes amies. Quand je suis en contact avec les gens, je le suis réellement avec une sensibilité encore plus exacerbée qu’avant. J’adore les modules et retrouver les caycé’douces. Leur présence est vraiment très enrichissante. Mais à la fin des modules, quand je suis chez moi, dans mon cocon, je suis exténuée et je ressens un besoin de dé-compression. Et je remercie vraiment d’être en ce moment presqu’uniquement en télétravail car, à ce jour, en open-space, je ne sais pas comment cela se passerait pour moi.

Cette redécouverte, cette sensibilité, est intense et fatigante. J’ai maintenant l’impression d’avoir constamment un afflux d’informations, de stimulations. Et bien que cela me nourrisse, cela me vide de mon énergie. J’ai plus régulièrement besoin de me retrouver dans le silence, dans un espace que je connais, pour me reposer. J’ai découvert que les sophro-déplacements du négatif ne m’aidaient pas dans ce contexte. En effet, il n’est pas négatif d’être plus consciente de son environnement. C’est juste plus intense. Un peu comme si tout vibrait plus intensément. Parfois, me concentrer sur l’objet neutre me permet de m’ancrer en moi et d’être moins envahie par ce qui m’entoure. Mais ce n’est pas quelque chose de pérenne. Très souvent maintenant, quand je ressens une sorte de surcharge d’informations et d’un besoin de dé-compression, je fais une séance de sophrologie pour être bien ancrée dans l’ici et maintenant puis je choisis une occupation qui ne me demande rien (par exemple, relire une bande dessinée que je connais par coeur, ou revoir un film). Cela m’apaise et me permet d’à nouveau laisser de la place pour les prochaines stimulations. Je cherche encore cet équilibre entre continuer à ressentir intensément mon environnement car cette redécouverte est magnifique sans que cela me prenne mon énergie et mon attention.

C’est ainsi que, grâce à mes séances de sophrologie et mon besoin de calme, j’apprécie de plus en plus le silence. Avant, je devais toujours le combler car s’il n’y avait pas de bruit, c’est ce qui se passait dans ma tête qui prenait de l’ampleur. Au fur et à mesure, j’ai moins comblé par de la musique ou du bruit et j’ai laissé le silence prendre sa place. Mais le silence peut être assourdissant. L’esprit donne toujours l’impression d’être en mouvement. Comme si les pensées défilaient plus ou moins vite. La contemplation de l’objet neutre a été ma première expérience du vrai silence. Où la pensée se tait. Où on est juste là. Puis, au fur et à mesure des séances, le silence est. Il n’y a plus besoin de le combler, de l’éviter. Il est là et offre un chemin à soi, vers soi. Il permet l’ancrage. Comme ce geste des doigts rassemblés que l’on pose sur le sternum, pour dire : je suis là, dans l’instant, dans le ici et maintenant. Dans ce présent. En étant conscient et en le vivant intensément. Et je m’enrichis énormément de ce silence qui me permet de me connectée à ma paix intérieure. De même, après les stimuli extérieurs, le silence, je suis aussi nourrie et éveillée par la sophro-activation vitale. Pendant plusieurs mois, je ne comprenais (ni ne vivais) absolument pas comment par la seule force de la conscience et par le souffle je pouvais activer la vitalité en moi. Je la pratiquais car c’est une technique-clef et qu’elle fait partie de la méthode mais je n’en ressentais pas physiquement l’importance. Maintenant, je ressens un réel plaisir car même si sur le moment, je n’éprouve pas toujours la vitalité, je perçois plus de vigueur, de vie à la fin de chaque séance. Je me sens même en meilleure forme après une séance. Et je sens couler dans mon corps l’énergie activée par cette technique-clef comme si l’énergie du soleil était en moi.

2 réflexions sur “La sophrologie, partie intégrante de ma vie, ou comment parfois j’ai l’impression de vivre dans un flipper géant

  1. etoile31 dit :

    En effet, en revenant lire, je re-découvre cette description technique entre les lignes desquelles on lit aussi l’intimité profonde de l »Etre-Soi » telle que l’on vous découvre également dans vos derniers articles, comme je l’avais deja fait remarquer. Notamment par cette manière très intérieure et très riche, d’être au Monde par choix dans la liberté et le laisser-aller qui offre concrètement la libération de toutes les entraves qui contiennent et retiennent cette Formidable puissance intérieure que vous qualifiez en conclusion de si merveilleuse façon par l’image du solaire…
    Voilà également de quoi susciter l’envie et le désir de l’écoute de soi-même et de son corps. Au-delà du travail par le fait de la rédaction d’un mémoire, c’est un très intéressant témoignage personnel qu’il semble important et intéressant de partager….

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