Cette douce douleur… mon addiction

Je sais qu’ils me font du mal mais ils me manquent… ils me manquent viscéralement. Pas tous, seulement ceux qui ont eu un certain lien avec moi. Il peut être court (quelques semaines) comme un peu plus long (jusqu’à quelques mois).

Combien de fois ai-je regardé si j’avais un message d’eux ? Combien de fois ai-je été prise de déception en ne voyant rien venir ? Combien de fois suis-je en train de scruter si un commentaire apparait sur mon blog, si un mail m’a été écrit, si un sms m’a été envoyé ? Et cela m’obsède, me possède. Je ne pense qu’à ça. Cela tourne en boucle. Cela me rend folle. J’ai tellement besoin qu’ils m’écrivent, que je vois qu’ils pensent à moi, je dirais même que je sente à quel point il m’aime.

Et c’est tellement douloureux ce besoin. C’est une addiction à laquelle je cède de manière assez régulière. Je me sens aimée dans ces relations si intenses. Et même quand elles deviennent violentes, j’ai l’impression d’être aimée. Car ce que cela fait vivre en moi, les sensations corporelles, les émotions, me rendent vivante. Me donnent l’impression d’être vivante. De ressentir des choses fortes, hors du temps, hors de toute définition. Hors de la société, hors des cases, hors de tout. Mais tout en moi.

Mais j’ai un cœur d’artichaut. Un cœur qui a besoin d’être courtisée, d’être dorlotée, de recevoir de la douceur. Et il saigne à chaque fois que je laisse s’exprimer cette addiction. Il souffre vraiment. Et il ressent encore plus le besoin d’être dorloté, d’être protégé par un prince charmant qui le prendra dans ses bras et qui lui dira que tout va bien se passer, que je mérite le meilleur et qu’il va me l’offrir. Et au lieu de mettre fin à cette addiction, au lieu de m’en éloigner et de chercher à recevoir un amour sain – aussi doux, vrai, sans limite, tendre que celui que j’offre – je me tends encore plus vers eux.

J’en étais ainsi arrivée à m’inscrire sur un site bdsm et à chercher un dominant dont je serais la soumise. Etre totalement dépendante dans mon corps, mes émotions, mes pensées à ce dominant. Qui m’offrira à la fois douleur (physique ou psychologique) et autant de douceur.

Mais les différents confinements m’ont offert un tête à tête avec moi même. Autant j’ai vécu le premier confinement hors de moi, sans voir le temps passer ; autant les autres confinements m’ont permis de me reconnecter avec moi et de mieux me comprendre. Cela a notamment été grâce à la sophrologie. Je me sens plus ancrée dans mon corps, à mes émotions, à mes ressentis, à mes valeurs. Et j’arrive ainsi à me libérer un peu de cette addiction. J’y mets un terme plus vite. Et je sais aussi que ce que je ressens dans mon corps, mes sensations, mes émotions, je peux vivre la même chose de manière plus saine, plus vraie. Et qui comblera à la fois ce désir de violence et à la fois mon cœur d’artichaut. Car j’en ai conscience, je veux approfondir cette noirceur qui est en moi et celle qui m’attire. Pour trouver mon équilibre, j’ai besoin de douceur et de violence.

Mais parfois, comme aujourd’hui, cette violence illusoire et addictive prend le dessus. Et ils me manquent. Leurs attentions et leur présence me manquent.

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