Etre marquée

Il y a quelques jours, nous échangions avec un amant sur la douleur. En quoi elle me procurait du plaisir. Et par extension, pourquoi j’aime être marquée. Je lui ai parlé de mon premier petit copain qui me mordait presqu’à sang. J’étais fière de ses marques sur moi. Je les voyais comme une preuve d’amour, un moyen d’être à lui. Et pour moi, la première relation reste marquante… c’est le cas de le dire ^^ Je lui ai aussi expliqué qu’être marquée me donne un sentiment d’appartenance, même illusoire. Se sentiment d’appartenir à quelqu’un. Et puis, je me suis rendue compte que cette réponse était un automatisme, presqu’une réponse toute faite. Cette réponse était dissonante, pas alignée avec celle que je suis et a été dictée par mes peurs. Du moins c’est vraiment le sentiment que j’en ai eu au moment où je la lui donnais. Sans pour autant, stopper ma réponse ou la reprendre. Mais par la suite, cette réponse m’a travaillée et je me suis sincèrement posée la question afin de trouver la juste réponse.

Déjà, personne n’appartient à personne. Nous sommes tous des êtres uniques. Et comme je l’ai souvent évoqué dans mes articles, je suis une personne très indépendante. Par conséquent, l’idée d’appartenir à quelqu’un ne m’attire absolument pas. Cela m’intrigue, je ne peux pas le nier. C’est pour cela qu’il y a quelques années, je comptais même découvrir en profondeur le rôle de soumise et je cherchais un dominant à qui appartenir, dont je serais à 100% dépendante. Pour autant, je n’ai jamais vraiment sauté le pas car je sentais au fond de moi que ce n’était pas la voie de mon épanouissement. Donc, l’idée d’être marquée et d’ainsi acter une appartenance n’avait pas de sens. Cela en a peut-être eu il y a quelques années, mais plus aujourd’hui.

Et pourtant j’aime être marquée, voir des bleus fleurir à certains endroits de mon corps. Alors pourquoi ?

L’explication la plus juste que j’ai trouvée est venue d’un parallèle avec mon « besoin », mon plaisir à me faire tatouer. Chacun de mes tatouages marque une période ou un événement de ma vie. Souvent une étape franchie. Dans tous les cas, chaque tatouage ancre un palier dans mon accomplissement, dans mon chemin. Je pense que chaque bleu reçu a créé une empreinte sur mon corps. Une trace certes éphémère mais présente malgré tout. Et le corps se souvient. Ainsi, je sais que mon corps garde une mémoire de cet amant qui m’a marqué. Car cet amant m’a marqué car je le lui ai demandé. Ici finalement pas d’appartenance, pas de lien de dépendance. Mais un choix, un choix pas toujours conscientisé, mais en tout cas qui vient d’une demande que j’ai faite. D’autant plus, qu’avec le recul lié à cette réflexion, assez peu d’amants m’ont marqué et ont ainsi laissé une trace de leur passage sur mon corps.

Grâce au questionnement de mon amant, j’ai compris que chaque marque est un cadeau que j’offre à l’autre, même si cet autre est éphémère dans ma vie.

Et l’autre explication est aussi que la douleur me permet d’intégrer mon corps. Aujourd’hui, je me suis mordue la lèvre. Et de suite, j’ai quitté les pensées que je ruminais pour réintégrer mon corps et l’instant présent. Ca a eu comme un effet calmant, même si ce n’était pas forcément agréable. Dans la réponse que j’avais donné à mon aman, j’avais parlé de la connexion à mon corps que la douleur m’offrait. Il a eu une remarque des plus justes : lorsque je serai connectée, lorsque mon esprit fera un avec mon corps, je n’aurai plus besoin de la douleur. Il a raison. Mais il y a aussi la composante plaisir. J’aime ressentir le pic de douleur qui crée comme une décharge dans mon corps et sur ma peau. Je pense que lorsque mon être sera assemblé en conscience, le plaisir que je ressentirai par la douleur sera autre. Et j’avoue avoir une certaine hâte à explorer ce nouveau plaisir.

6 Replies to “Etre marquée”

      1. Et pourtant, il semble que les causes de ce plaisir à base de souffrance intérieure soient quelque peu analogues…, ou d’une même nature, c’est juste une nuance de dosage, mais on y est presque.., ne serait-ce que par le fait de marquer son propre corps par un tatouage…

        J’aime

      2. J’avoue être allée voir la définition de la scarification pour être bien sûre de comprendre votre propos. Je pense malgré tout toujours que le terme « scarification » est un peu trop fort/extrême par rapport à ce que je vis dans la marque et encore plus en ce qui concerne mes tatouages. Même si chacun marque effectivement une étape déterminante dans ma vie.

        Aimé par 1 personne

      3. (…)La scarification laisse volontairement des cicatrices visibles(…) mais lorsque la douleur et la volonté de détruire s’érigent en but, elle devient une mutilation révélatrice d’un comportement pathologique.(…)

        J’aime

      4. Il me semble avoir dit que j’étais allée voir la définition. Pourquoi en choisir une partie ? Et je ne suis absolument pas d’accord sur la partie que vous avez gardé qui va de « mais lorsque […] pathologiques » qui ici ne me concerne en rien.

        Aimé par 1 personne

Répondre à etoile31 Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :