Les câlins, ce bien-être inaccessible

Je n’ai jamais été très câline. Lorsque j’en faisais avec mes parents, je me sentais vite envahie, avec comme l’impression d’une perte de liberté, de mon identité. J’en faisais mais je ne les demandais pas. Je n’en étais jamais l’instigatrice. Avec mes amoureux, à l’adolescence, c’était pareil. Pas que je n’aimais pas. Mais comme je l’ai déjà évoqué dans mon article Energie sexuelle, ce qui se dégageait de moi, ce qu’on voulait de moi n’était pas la tendresse. Mais plutôt quelque chose de sexuel. Et c’est ce que je souhaitais aussi. C’était mon moyen de m’évader, de ne plus être dans le mental.

J’étais plutôt câline avec le chien de la famille. Un chien cela donne beaucoup de tendresse mais d’une manière un peu enfantine si je devais être anthropomorphique. Et puis, mon chat est arrivé dans ma vie. Avec lui, j’ai vraiment découvert le bienfait du câlin. Il m’a fait/me fait beaucoup de bien. Il me permet souvent d’alléger un peu ma solitude et ma peine.

En ce moment, je ne vais pas bien. Emotionnellement, physiquement. C’est difficile par rapport à la maladie de mon père (j’en parle un peu dans l’article Mon père a un cancer : le chamboulement de mes émotions et de mes croyances). Je ressens de la colère, de la peur, de l’incompréhension, de la solitude. Beaucoup de solitude.

Je sais ce dont j’ai besoin. J’ai besoin de câlins. Besoin que quelqu’un me prenne dans ses bras et me dise « repose toi, lâche tout, je te soutiens. Je m’occupe de toi. ». Et je sais que je vais amener un stéréotype, mais je veux des câlins d’un homme. Je veux être dans les bras d’un homme qui me prendra en tant que femme. Une collègue de travail m’a demandé pourquoi je n’allais pas chez mes parents. Parce qu’à ce moment-là, je serai une enfant. Quelque soit notre âge, lorsque nous sommes en présence de nos parents, nous sommes les enfants. Et je ne veux pas qu’on me protège comme un père ou une mère le ferait pour son enfant. Je veux qu’on me protège en tant que femme adulte. J’ai besoin de ressentir des bras forts, des bras sécurisants, des bras où je me sentirais fragile pour me permettre de vivre ma vulnérabilité. Avec tendresse, bienveillance, respect.

Pour autant, je suis consciente de n’être pas sûre d’accepter ce cadeau si quelqu’un veut me l’offrir. Cela fait trop de temps que je suis seule. Je suis devenue très indépendante, je ne m’appuie sur personne. Que ce soit pour du bricolage, pour cuisiner, pour organiser ma vie, mais aussi pour gérer mes émotions et mon travail sur moi. Néanmoins, je travaille dessus. A devenir plus autonome qu’indépendante. Mais c’est difficile. Encore plus quand je me sens fragile, vulnérable comme actuellement. C’est difficile de lâcher-prise et d’être dans cette confiance presqu’absolue.

Dernièrement j’ai clairement (enfin, de mon point de vue) énoncé à certaines personnes mes besoins. Mais cela n’a pas été compris ou alors je n’ai pas eu de retour positif à mes demandes. Et pour moi, c’est difficile à gérer. Je demande peu, j’apprends à demander plus. Et du coup, le refus, je le ressens comme un rejet, comme un abandon. Cela me fait mal physiquement et émotionnellement. Pour autant, je comprends parfaitement que l’autre ne soit pas forcément disponible au moment de ma demande. Mais cela n’empêche pas ce que je ressens. Il n’est pas question de mon mental, de ma compréhension disons pragmatique. Je parle de ce que je ressens au plus profond de moi.

Et là, j’ai besoin d’être en confiance. J’ai besoin qu’on m’aide à lâcher-prise, à exprimer ma vulnérabilité. Qu’on me permette de me laisser aller et que je me sente en sécurité. J’ai besoin que l’on s’occupe de moi. Et je ne sais pas si cela arrivera.

One Reply to “Les câlins, ce bien-être inaccessible”

  1. J’aime bien et beaucoup le terme « Hug » et notamment comme associé dans certains événements de rencontres à « Free », soit « Free Hugs » inscrit sur des pancartes, comme dans un supermarché en libre service, je trouve cela beau. J’adore les grands câlins… mais comme vous, on ne m’a jamais appris à vivre les câlins, j’ai découvert cela et je peux vivre des étreintes sans autre objet que l’étreinte durant de longues minutes… Aimer la Vie, aimer l’autre, aimer les autres, s’aimer et se connaitre soi-même, c’est vivre dans plein de câlins tout le temps… c’est le sens naturel du partage et de l’échange libéré des entraves de toutes sortes…

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